Temps de lecture : 6 min | Publié le 1er novembre 2026

- Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme en France : environ 60 000 nouveaux cas par an.
- Il n’existe pas de dépistage organisé : la démarche est individuelle, à discuter avec votre médecin à partir de 50 ans, plus tôt en cas de facteurs de risque.
- Pour un artisan ou un commerçant, la Sécurité sociale verse au maximum 65,84 € brut par jour d’arrêt en 2026, après 3 jours de carence.
- L’ALD prend en charge les soins à 100 %… du tarif de la Sécurité sociale, pas les dépassements d’honoraires.
- Une prévoyance se souscrit quand on est en bonne santé : c’est maintenant qu’il faut vérifier sa couverture.
Movember, c’est quoi ?
Le mouvement est né en Australie en 2003. Le principe : se laisser pousser la moustache pendant tout le mois de novembre pour faire parler de la santé masculine, et collecter des fonds pour la recherche.
Trois thèmes sont mis en avant : le cancer de la prostate, le cancer des testicules et la santé mentale. Le message de fond est simple : les hommes consultent trop tard, et n’en parlent pas assez.
Le cancer de la prostate en quelques chiffres
- Environ 60 000 nouveaux cas par an en France (59 885 estimés par l’Institut national du cancer, dernières données disponibles : 2018). C’est le premier cancer masculin.
- 93 % de survie nette à 5 ans pour les hommes diagnostiqués entre 2010 et 2015.
- Une mortalité en baisse d’environ 2 % par an entre 2012 et 2022.
Autrement dit : c’est un cancer fréquent, qui se soigne de mieux en mieux. Mais les traitements (chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie) entraînent souvent plusieurs semaines, voire plusieurs mois, d’arrêt ou d’activité réduite.
Le dépistage : où en est-on en 2026 ?
C’est le point qui crée le plus de confusion. Contrairement au cancer du sein ou au cancer colorectal, il n’existe pas de programme de dépistage organisé du cancer de la prostate en France. Vous ne recevrez pas de courrier vous invitant à faire un test.
Pourquoi pas de dépistage systématique ?
La Haute Autorité de santé ne recommande pas de doser le PSA (une protéine mesurée par prise de sang) chez tous les hommes. La raison : un PSA élevé ne veut pas dire cancer. Selon l’Institut national du cancer, 7 hommes sur 10 ayant un PSA supérieur à 4 ng/mL n’ont pas de cancer. Et certains cancers évoluent si lentement qu’ils n’auraient jamais posé de problème : on parle de surdiagnostic.
Ce que recommandent les urologues
L’Association française d’urologie privilégie une détection précoce individuelle : à partir de 50 ans, ou dès 45 ans en cas d’antécédents familiaux ou d’autres facteurs de risque, il est conseillé d’en parler avec son médecin traitant. C’est lui qui jugera, selon votre profil, s’il faut un dosage du PSA et un examen clinique.
Si un doute apparaît, le parcours a beaucoup évolué : l’IRM est aujourd’hui réalisée avant une éventuelle biopsie, ce qui permet de mieux cibler les examens et d’éviter des biopsies inutiles.
Si la maladie arrive : le volet dont personne ne parle
Un salarié malade continue généralement de percevoir une bonne partie de son salaire, grâce à la Sécurité sociale, à son employeur et au contrat de prévoyance collective. Pour un chef d’entreprise, c’est une autre histoire.
1. Vos revenus pendant l’arrêt de travail
Pour un artisan ou un commerçant, les indemnités journalières de la Sécurité sociale représentent 1/730e du revenu moyen des trois dernières années, plafonnées à 65,84 € brut par jour en 2026, après un délai de carence de 3 jours. Elles sont versées au maximum 360 jours sur trois ans (hors affection de longue durée).
Pour les professions libérales, le plafond est plus élevé, mais la Sécurité sociale n’indemnise que les 90 premiers jours. Au-delà, tout dépend de la caisse : certaines prennent le relais, d’autres (comme la CIPAV) non.
Cas type : un artisan qui se rémunère 60 000 € par an s’arrête trois mois pour une chirurgie suivie de sa convalescence.
| Poste | Montant |
|---|---|
| Revenu habituel sur 3 mois | 15 000 € |
| Indemnités journalières versées (87 jours × 65,84 €) | 5 728 € brut |
| Perte de revenu | environ 9 300 € |
C’est précisément le rôle d’une prévoyance TNS : verser des indemnités complémentaires pour maintenir votre niveau de vie, et éventuellement une garantie frais généraux pour couvrir les charges de l’entreprise. Pour une société qui dépend fortement de son dirigeant, une garantie homme clé peut aussi être envisagée.
2. Vos frais de santé : le 100 % n’est pas 100 %
Un cancer est reconnu en affection de longue durée (ALD). L’Assurance maladie prend alors en charge les soins liés à 100 %… mais 100 % du tarif de base de la Sécurité sociale. Restent à votre charge, notamment :
- les dépassements d’honoraires du chirurgien et de l’anesthésiste, fréquents en urologie ;
- la chambre particulière et certains frais d’hospitalisation ;
- les soins non liés à l’ALD, et certains équipements ou soins de support.
C’est là que le niveau de votre mutuelle santé fait la différence. Nous avions détaillé ce reste à charge pour le cancer du sein lors d’Octobre Rose : le raisonnement est le même.
3. Après la maladie : emprunter à nouveau
Bonne nouvelle : depuis la loi Lemoine de 2022, le droit à l’oubli s’applique 5 ans après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute. Passé ce délai, vous n’avez plus à déclarer votre ancien cancer à l’assureur de votre prêt.
Autre point utile : il n’y a plus de questionnaire de santé pour les prêts immobiliers dont la part assurée ne dépasse pas 200 000 € par personne et qui se terminent avant vos 60 ans. Pour les autres situations, la convention AERAS permet d’étudier les dossiers présentant un risque de santé aggravé. Notre simulateur d’assurance emprunteur vous donne une première estimation.
Questions fréquentes
Le dosage du PSA est-il remboursé ?
Oui, lorsqu’il est prescrit par un médecin, il est pris en charge par l’Assurance maladie comme les autres analyses de biologie, la mutuelle complétant le ticket modérateur.
Je suis gérant majoritaire de SARL : suis-je concerné par le plafond de 65,84 € ?
Oui. Le gérant majoritaire relève du régime des travailleurs indépendants, comme l’entrepreneur individuel. Le président de SAS, lui, est assimilé salarié, mais il n’est pas couvert par le contrat de prévoyance collective de ses salariés sans clause spécifique : sa situation mérite aussi d’être vérifiée.
Ma prévoyance couvre-t-elle un cancer ?
En principe oui, si la maladie survient après la souscription et la fin des délais d’attente éventuels. Mais les franchises, les montants garantis et la durée d’indemnisation varient beaucoup d’un contrat à l’autre. C’est ce que nous regardons en priorité lors d’un bilan de couverture.
Sources
- Le cancer de la prostate — Institut national du cancer (INCa)
- Dépistage par dosage du PSA — Haute Autorité de santé
- Le cancer de la prostate — Santé.fr
- Indemnités journalières des travailleurs indépendants — ameli.fr
- Loi n° 2022-270 du 28 février 2022 pour un accès plus juste, plus simple et plus transparent au marché de l’assurance emprunteur (loi Lemoine)
- Movember France
Et vous, êtes-vous bien couvert en cas d’arrêt long ?
Ce mois-ci, prenez deux rendez-vous : un avec votre médecin, un avec nous. Envoyez-nous vos contrats actuels, nous vous dirons ce qui se passerait concrètement.
→ Contactez AEGIS Courtage : m.penillet@aegis-courtage.fr | 06 49 50 15 84
Courtier indépendant en protection sociale — Loire-Atlantique (44), Vendée (85), Maine-et-Loire (49) — ORIAS 26004010
Maxime Pénillet est courtier en assurances et protection sociale, fondateur d’AEGIS Courtage (SARL, ORIAS N° 26004010). Il accompagne les TPE/PME de Loire-Atlantique, Vendée et Maine-et-Loire. Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue ni un avis médical, ni un conseil personnalisé : pour toute question sur votre santé, consultez votre médecin.
